Dictionnaire LSF Néosignes
Le groupe de travail LSF est heureux de vous présenter le fruit de leurs travaux engagé depuis maintenant trois ans au SSEFIS Recteur Louis : la réalisation d’un dictionnaire lexical en langue des signes qui permet de recenser les termes les plus fréquemment rencontrés dans certaines disciplines comme l’histoire-géographie et les sciences de la vie et de la terre au collège. Ce dictionnaire répond au doux nom de Néosignes et sera mis en ligne à la prochaine rentrée, le dictionnaire sera consultable aussi bien par les familles que les professionnels chez soi ou en classe. Des captures d’écran du site en construction agrémentent cet article pour vous donner une idée. Bonne lecture !

Le titre “Néosignes” est un titre tout désigné parce qu’il incorpore deux concepts du projet : un concept dite de création sur les néologismes (“Néo”) et un concept dite de réflexion autour des signes (“Signes” comme Langue des Signes Françaises) employés dans la désignation des termes bien spécifiques. Par définition, le néologisme correspond à un signe dont la création ou l’apparition dans la langue (ici la LSF) est récente et qui ne se trouve pas dans les dictionnaires LSF usuels à l’heure actuelle. Une désignation du projet par des titres tels que “signes techniques” ou “signes spécifiques à certaines matières” peuvent aussi convenir mais ils ne sont pas assez évocatrices sur l’ampleur du projet et la portée qu’elle peut apporter aux jeunes et aux professionnels.

On constate qu’à l’heure actuelle, les dictionnaires de LSF existants ne sont plus suffisants car l’enseignement au collège est davantage exigeant : les élèves sourds doivent assimiler plus de lexique. Les enseignants désirent faire usage des signes plus spécifiques et adéquats aux termes disciplinaires rencontrés dans les programmes. Les dictionnaires LSF (livres) existants sont difficilement accessibles par leur conception en deux dimensions. Il est donc nécessaire pour les professionnels de la langue des signes de s’engager dans des pistes de réflexion sur les signes employés à l’état actuel et de les créer au besoin. Ces nouveaux signes doivent être cohérents avec leur objet et plus facilement adoptés par le public.

On s’aperçoit que dans certaines disciplines, comme les sciences, elles demandent un vocabulaire bien particulier que les élèves n’ont pas souvent en français. Leur faible niveau en français ne permet pas de bien utiliser les livres ou les textes en cours; On rencontre le même problème en LSF, beaucoup de mots scientifiques ne trouvent pas leur équivalence en LSF et plus le niveau d’étude est plus élevé, plus il demande un vocabulaire précis. Les élèves qui arrivent en 6ème présentent une grande hétérogénéité quant à leur niveau en langue des signes.

Le registre de vocabulaire signé tel qu’on le trouve dans les dictionnaires de LSF actuels reste insuffisant, au minimum de l’ordre de 3000 mots. Les traducteurs LSF font plus appel à la dactylologie habituelle pour désigner un nom difficile. Les interprètes pour question d’éthique ne font pas ce travail de réflexion dans la recherche de néologisme. Deux exemples pour comprendre :en français courant aussi bien qu’en LSF, les notions de ″quantité″ et de ″volume″ ne sont pas distinguées. Or, en sciences physiques, la distinction est nécessaire. Ce qui n’est pas possible si les signes utilisés pour ces deux notions sont les mêmes. Comment les élèves sourds font-ils la distinction entre le poids et la masse ? En Histoire et Géographie, les élèves sourds utilisent souvent qu’un seul signe pour désigner à la fois ″Israël″, ″hébreu″, ”juif″.
Eric Dinée
Médiateur linguistique et pédagogique en LSF
Personne ressource du système d’information
Hervé Augros
Professeur de LSF
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